L’étiquette au dojo
(Article extrait du site de l’ASPTT Karaté)
L’étiquette dans le dojo n’est pas conçue pour glorifier les membres aînés. Elle n’est pas conçue pour contribuer au mystique des arts martiaux. L’étiquette est le bon sens, discipline et bonnes manières, et est une condition intégrale pour permettre un travail sur soi. Si les procédures décrites ci-dessous ne sont pas suivies avec sincérité, vous ne pouvez pas espérer mériter le respect par vos actions. L’étiquette, rend possible et agréable les rapports sociaux. Une attitude arrogante, et une posture négligée favorisent le laisser-aller et la paresse, alors qu’une attitude respectueuse et une bonne posture sont favorables à une bonne ambiance d’entraînement.
Quel que soit l’acte à accomplir il y a, selon les arts martiaux japonais, une façon «économique» de le faire. Un débutant peut trouver lassant les gestes et les formes des cérémonials et des étiquettes. Mais, rapidement, il découvrira que les manières prescrites sont celles qui sont les plus économiques énergétiquement parlant.
Le Dojo
Le dojo a une base carrée dont chacun des côtés a un nom différent et une fonction précise.
Le joseki, est le lieu privilégié du dojo. C’ est à cette place que se situe le professeur au moment du cérémonial, en début et en fin de cours. À l’origine au Japon, cet endroit fait partie d’une chapelle, ou est une grande annexe de la maison du senseï. Dans un dojo traditionnel japonais trône sur le mur un petit autel Shintō où l’on vénère les divinités. On peut également y trouver l’image du fondateur, une citation ou encore une calligraphie qui exprime l’idéal, la philosophie et l’éthique du club.
Le côté opposé au kamiza est le shimoza. À droite du shimoza se trouve le joseki ou «côté supérieur». Enfin, le shimozeki ou «côté inférieur» est le côté opposé au joseki. C’est le second côté par lequel nous pouvons entrer sur le tatami.
Dojo est un mot japonais qui signifie le lieu où l’on recherche la voie; un endroit consacré à un travail sur soi par les arts martiaux. C’est aussi l’endroit où le Professeur partage sa connaissance avec ses élèves. Pour cette raison il est d’usage de saluer en entrant dans le dojo dans la direction du joseki, généralement un petit autel ou bannière, et de saluer le Professeur en tant que votre hôte. Effectuez le même salut lors de votre sortie du tatami à la fin du cours, et ensuite en sortant du dojo.
Le Senseï
Senseï signifie le professeur, et est employé comme forme respectueuse d’adresse pour les instructeurs. Ils se place du côté du joseki. Saluez en entrant dans le dojo d’abord et ensuite au Senseï, et demandez alors la permission de s’entraîner dans son dojo, en effet vous êtes considéré en tant qu’un de ses invités. Ceci ne brime pas droits et croyances.
Le sempaï
La notion de sempaï est surtout une notion propre au Japon, ici elle est plus symbolique. Le sempaï peut être :
- le plus ancien élève du professeur
- le senior
- le plus ancien élève lors d’une séance
- quelqu’un de plus ancien par rapport à un autre
Le sempaï signifie celui qui a commencé avant vous, le kohaï celui qui a commencé après vous. Tout pratiquant dans un dojo est le sempaï de quelqu’un…
Les arts martiaux c’est l’écoute de l’autre…comme dans la vie en générale ; aussi est-il important de ne pas avoir un comportement égoïste. Dans le dojo comme dans la vie en général chacun devrait donner un peu de son temps pour s’occuper des autres…D’ailleurs le professeur, très vite, remarque parmi les élèves ceux qui n’ont jamais le temps de rien; de célébrer la fin d »une session, d’aller dîner, d’expliquer un mouvement à un débutant, d’accueillir les nouveaux, etc….
Les sages ont toujours dit que les arts martiaux, c’est d’abord un retour sur soi, et travailler l’écoute de l’autre pour certains est un vrai combat contre soi…
Le kohaï
Comme il a été déjà mentionné, le kohai est quiconque avec moins d’expérience que vous, littéralement il signifie le «junior». Veuillez aider quiconque à besoin de votre expérience, pas avec une attitude de supériorité, mais comme modèle, avec la simplicité et la modestie de celui qui transmet ses connaissances acquises par l’effort, le travail et les différends. Rappelez-vous, qu’il y aura toujours quelqu’un de plus haut gradé que vous. La bonne attitude à avoir est de se considérer comme un étudiant en toute occasion.
En ligne
Au signal, vous devez aller vous placer rapidement sur une ligne droite, du côté shimozeki, épaule à épaule, face au devant du dojo, le joseki et de l’instructeur, en ordre de grade avec les plus avancés, les sempais à votre droite. Le salut marque traditionnellement le respect que l’on témoigne au partenaire, au Maître fondateur, à l’instructeur et au lieu d’entraînement, le dojo.
Le salut debout
Pour le salut debout, ritsurei, tenez-vous droit avec la paume des mains touchant le côté des cuisses. Les pieds sont ensembles, collés aux talons avec les orteils pointés à un angle de 45 degrés (musubi dachi), colonne vertébrale bien droite, les épaules tombent naturellement. On admet dans cette position un temps d’inspiration. Puis on incline lentement le tronc vers l’avant en expirant. Enfin, on se redresse en inspirant. Ainsi, on exprime par ce salut son respect pour le lieu.

Notons un aspect très important concernant le regard : on baisse les yeux uniquement lorsque l’on salue à l’entrée et à la sortie du dojo, pour signifier son humilité profonde à une personne, ou encore pour exprimer des excuses à quelqu’un. Dans de pareilles circonstances et dans la position Seiza, on salue en s’inclinant très bas, le front touchant alors le sol. A l’exception des cas cités ci-dessus, on maintient toujours le regard vers la personne située face à soi lors du salut, et ce afin de prévenir toute attaque surprise.
Penchez vous légèrement, en gardant les yeux au sol. Si vous saluez votre partenaire durant l’entraînement, gardez un contact visuel avec cette personne. Shomen ni reï : on salue le fondateur, Shomen signifie l’au delà, le maître et reï c’est le commandement d’exécution que l’on retrouve à chaque fois. Ce salut principalement sert à remercier les anciens sans qui les arts martiaux n’auraient pu prendre naissance et qui ont consacré leur vie pour les développer et les faire perpétuer jusqu’à aujourd’hui. Senseï ni reï : on salue l’instructeur.
Les samouraïs se saluaient en baissant la tête. S’il y avait méfiance, ils baissaient la tête mais le regard restait posé sur le corps. Au contraire s’il y avait respect, amitié, il inclinait davantage la tête et le regard se plantait vers le sol en signe d’humilité.
G.Funakoshi
Le salut assis
Pour s’asseoir dans le dojo, il existe deux postures à adopter. La première est la position agenouillée en seiza. La seconde est la position en anza, assis avec les jambes croisées. Il est de mise de prendre l’une de ces positions lors d’explications, de démonstrations ou de période de repos. Il faut absolument éviter de se coucher sur le sol ou de s’asseoir avec les jambes allongées, car ces postures, en plus d’avoir l’air négligé, peuvent être source d’accident. Il faut également éviter d’adopter une posture négligée ou nonchalante : un pratiquant doit toujours être alerte et savoir bien se tenir à l’intérieur du dojo.
Seiza est une position assise japonaise traditionnelle. La façon de s’asseoir sur les genoux est pratiquée dans tous les Arts Martiaux. Ainsi, on stimule certaines parties du corps dans cette position et on chasse hors de soi toutes pensées négatives. Les genoux doivent être distants perpendiculairement de deux fois la largeur d’un poing. Les bras viennent se placer sur le haut des cuisses, les paumes de la main bien à plat. Le dos est bien droit, le poids doit être réparti légèrement à l’arrière, la tête bien dans l’axe de la colonne vertébrale. Posez directement le genou gauche au sol, puis le droit, et en s’asseyant sur les talons, orteils allongés et croisés. Les genoux sont à la largeur des épaules, les paumes sur les cuisses, les doigts vers l’intérieur de la cuisse. Le dos est droit.
Pour saluer, assis en seiza, il faut d’abord poser la main gauche au sol et ensuite la main droite. Les deux mains se rejoignent en triangle, doigts vers l’intérieur. En se relevant, c’est d’abord la main droite qui vient se mettre sur la cuisse droite, puis la main gauche sur la cuisse gauche. Lors du salut vers le joseki, les deux mains se positionnent ensemble à terre. Shomen ni reï : on salue le fondateur, penchez-vous brièvement sans toucher le sol avec votre front. Redressez vous en plaçant les mains sur les cuisses. Senseï ni reï : on salue l’instructeur.
Yoi ! (soyez prêt)
Après le salut du Shomen, celui qui a fondé le style, puis du professeur, l’échauffement commence, les élèves se placent en rangs en position d’attente (yoi). Debout, pieds parallèles à la largeur des épaules, genoux souples. Les bras sont devant au niveau de la taille, poings fermés (heiko dachi), dos droit ventre rentré, tête haute, fier de pratiquer les arts martiaux.


