Présentation
Ju-Jutsu : Technique de combat élaborée par les Bushi (guerriers), au Japon, dès l’époque de Kamakura (1185-1333). Cette discipline a été conçue pour qu’un guerrier désarmé puisse se défendre face à un adversaire armé. Cet art se développa à partir des techniques anciennes du kumi-uchi. Diverses écoles de Ju-Jutsu améliorèrent les techniques primitives en leur associant des mouvements et des contre-prises adoptés par les paysans d’Okinawa et les arts martiaux chinois (voir Shaolin Si, wushu). Le Ju-Jutsu fut exporté en Chine par Chen Yuan-bin (1587-1671), un poète et diplomate chinois envoyé au Japon. Les diverses techniques de cette discipline ne furent codifiées qu’à l’époque Meiji (1868-1912), après que les Samouraï n’eurent plus le droit de porter le sabre et après l’interdiction des combats de vendetta entre familles nobles.

Le Ju-Jutsu vise essentiellement à vaincre un adversaire par tous les moyens, en utilisant le minimum de force. De ce fait, les adeptes du Ju-Jutsu doivent se conformer à diverses disciplines. Il leur faut :
- Savoir juger la force de l’adversaire et utiliser celle-ci contre lui.
- Esquiver ses attaques autant que possible.
- Amener l’adversaire en déséquilibre.
- Savoir attaquer ses points faibles.
- Savoir le renverser à l’aide de la technique du levier.
- Être capable de l’immobiliser à terre en tordant ses membres ou en l’étranglant.
- Savoir le frapper de manière à lui faire perdre connaissance, le blesser sérieusement, voir le tuer.
L’art du Ju-Jutsu "guerrier" visait principalement à anéantir l’adversaire. Il
utilisait donc des techniques dangereuses, et souvent mortelles. Pratiqué par les
Samouraï, puis par les ninja, le Ju-Jutsu devint une
technique employée surtout par des bandits. Cela explique la mauvaise réputation
qu’il ne tarda pas à avoir (Kano Jigoro créa le judo en ne gardant que les
techniques "douces", pour le différencier du mortel Ju-Jutsu).
De nos jours, la plupart des forces armées et des forces de police enseignent des
techniques de "close-combat »" (combat rapproché), s’inspirant principalement du
Ju-Jutsu et du karaté. Détrôné par le judo, le karaté et l’aïkido, le Ju-Jutsu a perdu beaucoup de sa ferveur : il est surtout
considéré comme une technique de combat réel, et non comme un sport.
C’est pourtant du Ju-Jutsu que découlent à peu près toutes les techniques
actuelles des arts martiaux…
Aux origines
Les premiers styles, tout élémentaires qu’ils aient dû être à cette époque, remontent à bien avant les sources écrites que l’on peut trouver dans l’ancien Japon (notamment les chroniques guerrières) ou les archives laissées par les fondateurs. On trouve généralement trois versions pour expliquer l’origine du Ju-jutsu :
- il naît à partir d’éléments strictement indigènes.
- il se fonde sur des techniques importées de l’extérieur (Chine).
- Il est une combinaison des deux premières versions.
Encyclopédie des arts martiaux de l’extrême orient
Gabrielle et Roland Habersetzer
ISBN : 2-85180-660-2
Quelques informations/mots sur le Ju-Jutsu
Les samouraïs considérés de manière limitative comme seulement des maîtres d’armes, des escrimeurs, étaient avant tout de valeureux combattants à mains nues. Ils pratiquaient le Ju-Jutsu (différentes formes ou écoles : Aiki-jutsu, torite, komiuci, hakuda, genkotsu, yawara-jutsu etc ….). Redoutable méthode guerrière non limitée axée aussi bien sur les projections, saisies, étranglements, balayages, immobilisations, clés pour briser ou terrasser les articulations de l’ennemi, les frappes en tout genre (atemi) et avec n’importe quelles parties du corps (genoux, coudes, tranchant de la main, doigts ,etc …) et utilisation d’armes spécifiques ou non à l’école.
Les arts martiaux n’étaient pas limités ou compartimentés mais étaient un TOUT complet.
Jigoro Kano (fondateur du judo) qui a pratiqué le Bo Jutsu, haut gradé de Ju-Jutsu également a écrit : « Si nous pensons à la possibilité du coup en judo la position de combat doit être proche de celle de la boxe »
La différence entre les sports de combat et l’art martial
Dans le sport de combat : on respecte les mêmes règles, la garde et les techniques, contres etc… sont en fonction de cela (ex : un judoka qui combat par rapport à un autre judoka, n’a pas le droit de frapper, ou encore un boxeur qui combat par rapport à un autre boxeur n’a pas à envisager la possibilité d’une projection, interdite en boxe).
Dans l’art martial : le combattant n’a pas de règle et doit se méfier de son adversaire qui peut essayer de venir à bout de lui de n’importe quelle manière avec n’importe quoi. En effet, son adversaire peut le mordre, s’accrocher, lui jeter du sable et envisager tout ce qui est à sa disposition pour lui sauter dessus le frapper et tenter de le mettre hors de combat…..
L’art de monter et combattre à cheval (la BA JUTSU) est inspiré des Mongols, au IVème ou Vème siècle, cavaliers hors pairs. Leur style est étudié et appris par les samouraïs puis on entraine les troupes de guerriers à combattre à cheval, le diriger avec les genoux tirer à l’arc et combattre au sabre au grand galop, se montrera utile et d’une grande efficacité sur les champs de bataille.
On a constaté d’ailleurs après que certaines techniques étaient similaires aux méthodes employées par les différentes tribus indiennes. Les plus remarquables en équitations et combats à cheval étant probablement les Comanches.
Le Samouraï considérait son sabre (Katana) comme le symbole de son âme. Pour le Samouraï, puis le Budoka, le sabre a pour fonction de trancher le voile (l’EGO) qui masque la véritable et parfaite lumière.
SAKURA : La fleur de cerisier est l’emblème du Samouraï.
«Ils étaient pareils à la fleur de cerisier, prêts à mourir dès le premier souffle de la brise matinale.»
Bu Jutsu, L’art de la guerre
JUTSU signifie habileté, méthode, technique, art.
MARS, le Dieu romain de la guerre (Hashiman dans le Shinto), est à l’origine du mot «martial».
Les techniques étaient faite pour survivre, se protéger et cela généralement au prix de la vie de l’ennemi.
Les méthodes guerrières pour la survie ont un but, et un but unique : gagner ou plus exactement ne pas perdre, rester vivant.
Budo, le chemin guerrier qui conduit à la paix
Le Budoka (le pratiquant) a choisi un chemin ardu et il doit le suivre sans se plaindre car c’est le chemin juste et honorable au sein duquel beaucoup d’anciens préceptes demeurent encore et font une excellente école de vie. Constante recherche de pureté mentale, morale, physique, technique et spirituelle, soif de connaissance, perfectionnement inébranlable.
La raison est simple : Dans la voie du guerrier, le faux pas n’était pas permis, il n’y avait pas de seconde chance, c’était la victoire ou la mort immédiate et la notion de mort à chaque instant change la notion de vie chaque instant …
L’adepte moderne de la voie martiale ne combat pas les autres, il se bat contre ses instincts, son égo dans un but d’unification et/ou d’illumination.
Pour maitriser l’autre, il faut d’abord se maîtriser soi-même.
Encore faut-il de nos jours trouver un professeur, enseignant ou maître qui nourrisse cette passion et l’enseigne en ce sens et ne vous indique pas une fausse route …
Sports de combat, arts martiaux sportifs
Activité destinée à l’équilibre, l’épanouissement, la préservation de la santé, de l’intégrité physique. Dans le sport les règles limitent les pratiquants dans les catégories de poids, d’âge, dans les règlements, ce qui va à l’encontre de tout art martial digne de ce nom.
Le tout est de savoir ce que l’on pratique et de ne pas laisser l’égo se tromper sur ce que l’on pratique réellement …
Bien sûr, le karaté d’aujourd’hui en compétition n’est pas le karaté des Maîtres Otsuka, Funakoshi, Oyama, Ueshi, etc….
Le judo de David Douillet n’est pas le judo de Jigoro Kano, etc…

