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Le loup

Okami


Ses caractéristiques, notre emblème, nos couleurs, notre appartenance, pourquoi ?

Aux origines

Depuis l’aube des temps, le loup, son mythe accompagne les hommes.

Le CANIS LUPUS serait apparu en Amérique du nord voici un million d’années. Il aurait rejoint la Sibérie par l’Alaska puis le nord de l’Eurasie.

2 espèces : le loup gris (Canis Lupus) et le loup roux (Canis Rufus)

Environ 80cm au garrot. 120 à 170cm de long de 30 à 70kgs.

Mâchoires : Très puissante. Canine de 6cm de long. Force de 150Kg/cm² (contre environ 60Kg/cm² pour un chien !)

Le loup est un des mammifères les plus intelligents. Il possède un répertoire de signaux de communication très riche et la structure sociale de la meute est strictement définie et organisée. Raison pour laquelle le fonctionnement a fait ses preuves pour leur développement et leur survie dans des milieux pourtant hostile que ce soit la nature (steppe) ou l’homme le chassant.

Comportement et attitudes

La meute : le loup est sociable, et n’est pas un solitaire. La présence de ses semblables lui est indispensable. Ils vivent en meute de 3 à 15 individus. Chacun occupe une place bien précise dans une hiérarchie à respecter.

La meute est menée par un loup/une louve ou bien UN couple dominant (alpha).

Louvetaux
Les louveteaux : Après 6 à 8 semaines couvés et protégés uniquement par la mère, la meute prend alors part à leur éducation en leur apprenant progressivement à manger de la viande puis à répéter les gestes de leurs ainés sous forme de jeux.

La communication, qui occupe les deux tiers des jeux, consiste à des grimaces échangées entre les petits. Ils reproduisent ainsi très vite les positions respectives des loups dans la hiérarchie de la meute.

La communication : On dit du loup qu’il est bavard, il hurle, il gronde, il jappe, gémit ou aboie selon les circonstances. Chacun possède une «voix» qui lui est propre. Puissant, le hurlement peut s’entendre à plus de 10 km selon les conditions climatiques. Réputés pour s’adapter à tous type de climat et de milieux, le loup fait entendre son hurlement de l’Arctique à l’Europe, aujourd’hui encore que ce soit en Europe (Espagne, Mercantour, Pyrénées), en Asie (Mongolie) et en Amérique.

Le loup chasseur : Le loup ne chasse que pour manger. En cas de pénurie, il mange des baies, des fruits des insectes du poisson, il s’adapte.
Le loup chasse en solitaire le petit gibier et en meute le grand gibier.

Le couple dominant s’approche en silence des animaux sauvages en troupeaux (cerfs, rennes, sangliers, gazelles, moutons brebis …) pour repérer LA proie, la meute reste à l’affût, cachée. Le gibier sélectionné (l’animal le plus âgé, ou le plus affaibli, blessé malade) sera ensuite isolé puis chassé et tué.

Le mâle dominant ou la louve dominante partage la proie afin que tous les membres de la meute puissent se nourrir mais toujours en suivant les règles de hiérarchie.

Il cumule agilité, force et intelligence. De nos jours, la raréfaction de leurs proies en hiver renforce les liens de la meute plus que jamais obligée de jouer collectif pour la chasse.

L’homme et le loup : Le loup n’attaque pas l’homme (sauf si il a la rage). Il a plutôt peur de l’homme et préfère prendre la fuite dès qu’il perçoit sa présence. Sa faculté d’adaptation lui permet de rééquilibrer son système sociale lorsque l’homme intervient physiquement à son encontre par la répression ou l’élimination.

Mythes et croyances

La peur du loup : C’est le christianisme qui a associé le loup au diable … Autrefois les civilisations de chasseurs s’identifiaient aux loups en s’inspirant de sa structure sociale et de ses techniques de chasse.

Croyance :

  • Kaila : Dieu du ciel chez les ESQUIMAUX, leur offrit le caribou pour gibier. Puis il leur envoya l’esprit du loup (Amarok) pour régulariser sa carence.
  • Turcs et Mongols lui donnent un caractère CÉLESTE en vénérant le loup bleu, ancêtre de Gengis Khan.
  • Chez les IROQUOIS, il fait figure de passeur d’âmes.
  • Le LOUP : Animal sacré du Dieu MARS (Dieu de la guerre)

Pour les tribus Amérindiennes : il est le grand guide des âmes des valeureux guerriers morts au combat.

Chez les Yakoutes en Sibérie, les Samis en Scandinavie, les Inuits en Amérique du nord, le loup est vénéré comme symbole d’invincibilité.

Que ce soit les tribus Amérindiennes (Sioux, Cheyennes Iroquois), «il mène dans les plaines de l’au delà». Pour d’autres, il est «passeur d’âmes» ou «frère de sang et de chasse», croyances qui existaient déjà dans l’Égypte antique, en Europe de l’est (Hongrie, Roumanie, Biélorussie, Bulgarie) ainsi que dans d’autres mythes germaniques.

Romulus et Remus
La constante pour ces tribus et ces peuples est que, lors de rites de passage à l’âge adulte notamment, le loup n’est jamais montré de façon négative. En Italie, il est également "de légende" avec Rémus et Romulus, légende qui attribue à Rémus la fondation de Rome. En Suède, beaucoup de gens appellent leur enfant « Wulf » : le loup, contrairement aux contes en France où il apparaît toujours sous des aspects négatifs : «Le grand méchant loup», «le loup-garou», «mangeur d’enfants», considéré longtemps comme une incarnation de Satan, ou un animal sanguinaire.

Tout ça est lié à l’arrivée du christianisme, le loup alors modèle de force, d’insoumission voir de sexualité, dans les mythologies orientales comme occidentales, était admiré pour ces modèles de courage, de hiérarchie, ainsi que pour ses valeurs au sein de la meute. On le retrouve tant dans le chamanisme que dans les diverses croyances en tout genre des peuples nomade (Mongolie, Indiens etc), peuples vivants dans et avec la nature. Les chrétiens en diaboliseront l’image et l’associerons aux païens, et c’est ainsi qu’ils inversèrent petit à petit l’image de cani lupus, tout comme pour les mêmes raisons l’aigle, le serpent, la chouette.

La puissance d’intolérance et de manipulation du christianisme ainsi que de ces massacres divers passe aussi par là !

Le christianisme en opposition avec l’antique instaurera SA vision du monde : la séparation de l’homme et de la nature. L’animal, comme l’esprit, le sera de la matière…


Ne confondez pas le vrai loup qui vit dans la nature, l’animal, et le loup des contes, boucs émissaires des hommes qui ont jetés leur dévolus et en sont venus à des massacres stupides.

Le loup chasse la nuit et fuit l’homme. Les «rencontres» sont, en général, accidentelles.

À savoir : Quelques chiffres

Charlemagne créa la louveterie afin d’encourager les battues et la destruction des loups.

En France entre 1882 et 1905, 9 500 loups furent éliminés. Ils disparurent finalement en 1937.

Le loup est de retour en France depuis 1992. Pas sans polémique, et il est tout de même loin d’être le seul responsable des dégâts commis comme certains voudraient l’en accuser : sur 10 millions de moutons recensés en 5 ans, 2 500 furent tués par les loups contre 300 000 par les chiens errants et 7 000 par la brucellose ……
En sachant que la foudre et les chutes occasionnent aussi la mort de nombreux moutons.

Protection du loup

«L’espèce CANIS LUPUS figure dans la convention de Berne (annexe II) ratifiée par le Parlement français et appliquée dès le 22 juillet 1993.
Elle interdit la capture, la détention, la destruction, la commercialisation et le transport du loup.»

«Sanction : Toute personne ayant détruit volontairement un loup encourt 6 mois de prison et une forte amande» (art.L215-1 C.rural)

Malgré cela, des loups sont détenus illicitement en France par des particuliers. Devenus plus difficile à maitriser une fois adultes, ils sont parfois relâchés dans la nature : ce qui est interdit…

Il faut savoir que dès le retour du loup, les parcs Nationaux (le Mercantour) ont crées un système d’indemnisation puis le ministère de l’environnement dédommagea les éleveurs subissant des attaques.

Bien sûr, tous ne sont pas comme ça, mais dans les éleveurs contre la réinsertion du loup, certains n’hésitent pas à déclarer des bêtes tuées, pour être indemnisés.. donc le loup leur rapporte indirectement malgré leur avis défavorables.. (Attention : ce n’est pas là la majorité, bien entendu, et comme dans chaque cas la mentalité douteuse de quelques individus isolés ne doit pas prendre le dessus sur la majorité)

Il faut savoir aussi que la France comptait une 20aine de races de chiens protégeant efficacement les troupeaux des «prédateurs». La disparition du loup a également fait disparaitre leur utilisation. Aujourd’hui, le retour du loup relance le PATOU (Chien des Pyrénées qui ne craint pas les gros prédateurs comme le loup). Grâce a lui les dégâts sur les troupeaux sont presque INEXISTANTS.

Le loup en Mongolie

Après des études très poussées sur le comportement des loups, les mongols adoptèrent :

  • l’imitation de sa stratégie de chasse, de guerre et de vie,
  • ruse, tactique, esprit de clan, appartenance à un groupe, solidarité et entraide avec les plus âgés, malades, amputés, petit,
  • rejoint le « Jita Kyoei » du code moral : entraide et prospérité mutuelle.
  • courage,
  • motivation époustouflante.

Il y a toujours eu un parallèle entre le loup et les combattants de tous temps (guerriers, chevaliers, gladiateurs, samouraïs), qui tous regroupent 3 qualités nécessaires et indispensables :

  • robustesse,
  • endurance,
  • intelligence.

Le loup au Japon

Il est vu comme :

  • impossible à dompter,
  • pouvant vivre de façon solitaire,
  • symbole de l’insoumission.

Guerriers Mongols – Samouraïs

La qualité essentielle et première chez les guerriers Mongols était la sincérité.

L’une des qualités essentielles répertoriée chez les samouraïs et figurant dans leur code d’honneur (Bushido) est aussi la sincérité.

Les hommes de la steppe appliquaient de manière très stricte le principe du « juste milieu » : ils recherchaient toujours harmonie et équilibre pour en tirer le meilleur parti.

Les samouraïs vivaient avec la notion permanente de la « voie du milieu« .

Un lien évident

On ne peut qu’être frappés par le point commun existant entre tous ces guerriers Mongols de la steppe, les loups (chasseurs et combattants hors pair) et les Samouraïs, quant-à ce qui régissait leur existence : code d’honneur, art de la guerre, tactiques différentes adaptées à chaque problème.

Moyens différents mais principes identiques…
Cavaliers Mongols
Les Mongols avaient des jeux d’initiation guerrière qu’ils pratiquaient depuis leur plus jeune âge et qu’ils devaient "valider" pour passer à l’âge adulte :

  • le tir à l’arc, utile pour la chasse comme pour la guerre,
  • la lutte mongole, très spécifique mais apparentée à la lutte,
  • l’exercice des flèches, qui consistait pour le cavalier à sauter du cheval au galop puis à courir à côté, à se coucher en arrière sur la selle ou à se cacher contre le flan de sa monture tout en évitant les flèches tirées par les archers… ce qui demandait évidemment une parfaite maîtrise de l’équilibre et de la connaissance du cheval (force, souplesse, courage …).

Interdépendance : loups, mongols, samouraïs

Les rats servaient de cible aux enfants mongols lorsqu’ils s’exerçaient à leur jeu préféré : le tir à l’arc.

Pour les entraîner, leurs parents leur fixaient un chiffre à atteindre, les enfants n’ayant droit de manger qu’après avoir tué un certain nombre de rats. Ils s’amusaient tant qu’ils en oubliaient souvent leur faim.

A mesure qu’ils grandissaient, ils poursuivaient cet exercice avec un arc plus puissant et ensuite à dos de cheval.
Archers Mongols
Le meilleur archer de Gengis Khan (Témujin), Zev, qui commanda ses troupes lors de la conquête de la Russie, avait perfectionné son art grâce à cette méthode d’entraînement. Il faisait mouche à cent pas et pouvait atteindre au grand galop un rat à la tête.

Les cavaliers mongols comptaient tous sur l’équitation et le tir à l’arc pour défendre la steppe et conquérir le monde.

Ils développaient leur habilité depuis leur plus tendre enfance, ce qui expliquait qu’ils aient causé de graves pertes aux Han qui n’avaient pas d’aussi bons chevaux et s’entraînaient au tir à l’arc sur cibles fixes.

D’après les anciens, les mongols tenaient cette méthode des loups : c’est avec un rat, en effet, que les louves initiaient leurs louveteaux à la chasse.

Finalement, les arts de la guerre du samouraï, du kyudo, du iaido, y compris l’entraînement des techniques à mains nues (jutsu) et de l’éducation martiale, militaire ou guerrière pratiquée depuis le plus jeune âge ne sont pas vraiment différentes.

On peut constater en effet, que des guerriers qui s’entraînent et développent leur art, appartiennent à un clan, une tribu, et que même après la guerre ou en temps de paix, ils continuent à vouer le même respect à leur hiérarchie, à leur clan, à leur meute, à leur enseignant et gardent en référence le principe du GROUPE.


C’est cet aspect là qui nous intéresse au sein de notre école.
La cohésion, le respect, l’amitié et l’entraide des individus entre eux, vraies valeurs de la vie quotidienne malheureusement trop souvent oubliées de nos jours.