Miyamoto Musashi
Le plus grand samouraï de tous les temps.
Biographie

Né en 1584, sous le nom de TAKEZO SHINMEN dans la province de Harima, d’un père lui-même expert en sabre (Munisai Shinmen) qui le laissa orphelin à l’âge de 7 ans il fut élevé dans le monastère de son oncle moine.
Il gagne son 1er duel à l’âge de 13 ans, puis enchaîne une 2ème 3 ans plus tard.
Il participe à la bataille de Sekigahara* à l’âge de 17 ans, gravement blessé, seule sa constitution vigoureuse et son mental d’acier lui permettent de survivre.
Il parcourt le Japon en commençant d’abord par Kyoto, il défit les plus grands maîtres de Sabre, références de l’époque, s’attirant ainsi la haine de tous les clans. Au cours d’un célèbre duel (Ichijoji), il tue une douzaine de guerriers, reprend sa route : remportant défi sur défi. Sa réputation le précède.
À 29 ans, il reste invaincu après plus de 60 duels "officiels". Duel à mort, gagnant la plupart au BOKEN (Sabre en bois !) contre des ennemis armés de Katana, armes redoutables forgées pour le guerrier en fonction du style, du gabarit, etc …

En 1612, il décide de son dernier combat, qui le fera définitivement passer pour LA légende, il bat le célèbre et redouté bretteur Sasaki Kojiro du style Ganryu, redouté entre autre pour la longueur de son sabre, sabre surdimensionné appelé « la perche à sécher ».
Ce combat se passe sur la petite île de Mukojima, Musashi arrive avec pour seule arme une longue rame en bois, arme improvisée, avec laquelle il fracassa le crâne de son adversaire surpris par l’allonge inhabituelle de cette arme improvisée.
Musashi ne se battit plus jamais.
Dans ces défis, l’orgueil le dirigea pendant longtemps mais c’est grâce et avec Takuan, moine itinérant, qu’il comprit la VOIE et cessa tout combat.
Takuan, figure incontournable de cette époque, captura à deux reprises Musashi , recherché et devenu incontrôlable … (cf : la légende de Musashi)
Début 1630, il se consacre entièrement à l’étude de la voie (DO) et pratique la calligraphie, la peinture et l’art, domaines dans lesquels il excelle.

Il acquiert alors une dimension exceptionnelle de son vivant «KENSEI» (Saint au sabre) – à une époque où le but n’était pas de remporter un simple jeu, mais de sentir les pièges, les guets-apens et dont la seule issue était la mort rappelons le – puis en 1643, il se retire dans la montagne, pour mieux méditer dans la grotte Reigendo, et c’est là qu’il va rédiger quelques semaines avant sa mort en 1645 : le «GORIN NO SHO» (Le traité des cinq roues), grand classique de la littérature des arts martiaux.
Il meurt à 62 ans en 1645 et sera, selon sa volonté, enterré vêtu de son armure.
Au cours de sa grande errance en quête de l’efficacité absolue, il expérimentera beaucoup et fera sa propre synthèse technique. On le crédite du style de ken-Jutsu EMMEI RYU qui prendra plus tard le nom de NITO RYU (École des 2 sabres).
Ouvrages de référence
LIVRES
La pierre et le sabre, La parfaite lumière d’Eiji Yoshikawa, sont les romans qui retracent sa vie, depuis son enfance avec son ami Mataashi, son parcours avec les personnages importants de sa vie et leurs évolutions respectives. Ils retracent aussi les trois plus grands évènements de sa vie : sa rencontre avec le célèbre moine TAKUAN faisant encore référence de nos jours, et deux de ses plus célèbres duels au sabre dont celui de son adversaire Sasaki Kojiro grand combattant au sabre et son célèbre «style de l’hirondelle».
Le GORIN NO SHO : seul traité écrit par Musashi décrivant sa compréhension universelle de la voie du sabre.
FILMS
Un coffret de 3 DVD, retraçant sa vie de manière très fidèle aux livres, vient de paraître : Trilogie SAMOURAI réalisée par Hiroshi Inakagi.
- La légende Musashi
- Duel à Ichijoji
- La voie de la lumière
Ces ouvrages permettent de situer, dans le contexte du Japon Féodal, la démarche de Musashi, son parcours et son étude de la voie du sabre ainsi que sa conception de la VOIE. S’il y avait encore à ce jour, un enseignement à méditer, un livre à lire pour apprendre et connaître le principe des arts martiaux, sans aucun doute ce serait celui de ce maître incontesté.
Quelques citations de Miyamoto Musashi
Lorsqu’une école cherche avant tout à se garantir une clientèle en affichant les trophées gagnés en tournoi, elle trompe l’élève quant-à la réalité de la Voie du Guerrier (du livre "Traité des cinq roues").

Ne fais rien d’inutile.

D’une façon générale, la Voie du Guerrier est l’acceptation de la mort.

On gagne une bataille en connaissant le rythme de l’ennemi, et en utilisant un rythme auquel il ne s’attendait pas.
Les principes fondamentaux, selon Musashi
L’enseignement de Musashi peut se ramener à neuf principes :
- "Ceux qui veulent connaître ma tactique doivent obéir aux principes suivants selon lesquels ils peuvent pratiquer la Voie…", Éviter toutes pensées perverses.
- Se forger dans la voie en pratiquant soi-même.
- Embrasser tous les arts et non se borner à un seul.
- Connaître la voie de chaque métier, et non se borner à celui que l’on exerce soi-même.
- Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.
- En toute chose, s’habituer au jugement intuitif.
- Connaître d’instinct ce que l’on ne voit pas.
- Prêter attention au moindre détail.
- Ne rien faire d’inutile.
Le Traité des Cinq Roues
Ce traité porte sur les arts martiaux et plus particulièrement l’escrime. Mais les principes qu’il énonce trouvent aussi à s’appliquer à
toutes les activités de nature stratégique, à tous les gestes de la vie quotidienne : "Je comprenais bien", écrit Musashi, "comme il est difficile de maintenir une position face aux évènements. [...] J’ai appliqué les principes (avantages) de la tactique à tous les domaines des arts. En conséquence, dans aucun domaine je n’ai de maître."
Le Traité des Cinq Roues n’est donc pas seulement un livre de stratégie guerrière ou pour l’action. C’est aussi un guide sur la Voie, qui énonce les principes d’un art de vivre. Livre à la fois d’action et de sagesse, ou plutôt de sagesse dans l’action, il révèle le secret d’une stratégie victorieuse, d’un trajet initiatique qui passe par la maîtrise de soi.
Toujours populaire au Japon, le traité de Musashi a fait l’objet d’une édition récente par le Groupement d’études sur la gestion de Tokyo, traité destiné plus spécialement aux gestionnaires du Japon moderne.
Extrait
Tiré de : Les contes des arts martiaux, réunis par Pascal Fauliot (éd. Albin Michel).
Sur Musashi, un personnage légendaire, quelques histoires légendaires
"Dans une auberge isolée, un samouraï est installé à dîner, seul à une table. Malgré trois mouches qui tournent autour de lui, il reste d’un calme surprenant.
"Trois ronins (guerriers vagabonds, sans maître) entrent à leur tour dans l’auberge. Ils remarquent aussitôt avec envie la magnifique paire de sabres que porte l’homme isolé. Sûrs de leur coup, trois contre un, ils s’assoient à une table voisine et mettent tout en œuvre pour provoquer le samouraï. Celui-ci reste imperturbable, comme s’il n’avait même pas remarqué la présence des trois ronins. Loin de se décourager, les ronins se font de plus en plus railleurs. Tout à coup, en trois gestes rapides, le samouraï attrape les trois mouches qui tournaient autour de lui, et ce, avec les baguettes qu’il tenait à la main. Puis, calmement, il repose les baguettes, parfaitement indifférent au trouble qu’il venait de provoquer parmi les ronins. En effet, non seulement ceux-ci s’étaient tus, mais pris de panique ils n’avaient pas tardé à s’enfuir. Ils venaient de comprendre à temps qu’ils s’étaient attaqués à un homme d’une maîtrise redoutable. Plus tard, ils finirent par apprendre, avec effroi, que celui qui les avait si habilement découragés était le fameux maître : Miyamoto Musashi."
Cette légende illustre un principe capital de la Voie du Samouraï, selon lequel on doit chercher à vaincre sans combattre.
(On s’est inspiré de ce récit pour une scène du film Karate Kid, dans laquelle le maître attrape une mouche avec des baguettes, sous le regard ébahi de son jeune disciple.)
L’enseignement de Musashi
L’enseignement de Musashi se définit à deux niveaux :
De l’action efficace…

Ne nous y trompons pas. Tous les arts martiaux sont d’abord des techniques de défense. Quand on est dans l’action, il faut gagner. Pour le Bushi ou Samouraï, perdre c’est mourir… Mais la question est de savoir comment gagner par une action juste du point de vue de la tactique et de l’attitude. Le guerrier doit, par exemple, "faire perdre à l’adversaire son équilibre mental" ou encore "faire naître une certaine tension nerveuse en empêchant l’adversaire d’être sûr de lui". Musashi souligne même l’importance "de neutraliser l’adversaire directement, sans le laisser souffler, en évitant de croiser son regard". Il ajoute d’ailleurs : "Le plus important est de l’empêcher de pouvoir se restaurer"… À propos de l’importance de savoir se rénover dans l’action, Musashi dit plus loin : "Lorsque, au cours d’un combat qui reste à l’état de mêlée, rien n’avance plus, abandonnez vos idées premières, rénovez-vous en tout et prenez un nouveau rythme. Ainsi découvrez le chemin de la victoire. Chaque fois que vous jugez qu’entre votre adversaire et vous tout grince, changez d’intentions immédiatement et parvenez à la victoire en recherchant d’autres moyens avantageux pour vous."
Ces règles trouvent à s’appliquer aussi dans le monde de l’action en général…
Vaincre, soit ! Mais de préférence sans combattre et, dans tous les cas, sans perdre l’honneur.
…et de la sagesse
Musashi se rapproche pourtant davantage de la figure du sage que du technicien des armes. Son enseignement vise d’abord à remporter une victoire sur soi. C’est le sens de sa maxime : "Devenez l’ennemi". Dans son action, le guerrier doit atteindre en lui-même le point où cesse la violence. La maîtrise de soi, enseigne le traité, augmente les chances de maîtriser le monde.
Représentations
Voici quelques représentations de Miyamoto Musashi, choisies par Diane car peu communes et plutôt rares. Chacune d’elles représentent un des aspects de Musashi.
* Un petit mot sur la célèbre bataille de SEKIGAHARA :
C’est dans la plaine du même nom que s’affrontèrent le 21 octobre 1600 les 80 000 guerriers de l’ambitieux Tokugawa Ieyasu et les 130 000 hommes alignés par Toyotomi Hideyori, en une gigantesque mêlée de Samouraï (210 000 guerriers) telle que le Japon n’en avait jamais vu.
La bataille donna le pouvoir à Tokugawa, qui reçut en 1603 le titre de Shogun et établit le règne définitif de sa lignée.
Près de 50 000 braves moururent dans la boue de ce terrible champ de bataille. Miyamoto Musashi, qui s’était engagé à 17 ans sous la bannière de Toyotomi, resta plusieurs jours gravement blessé au milieu des cadavres.




